S’entrechercher

(PFFF ! no 20180128) Je lis les Essais de Montaigne par les temps qui courent. Certains ont mal vieilli, d’autres sont bidonnants. Celui intitulé D’un défaut de nos polices pourrait avoir anticipé les annonces classées (je modernise un peu le français):

Feu mon père, homme, pour n’être aidé que de l’experience et du naturel, d’un jugement bien net, m’a dit autrefois qu’il avait desiré mettre en train qu’il y eut dans les villes certain lieu designé, auquel ceux qui auraient besoin de quelque chose, puissent se rendre et faire enregistrer leur affaire à un officier establi pour cet effet, comme : Je cherche à vendre des perles, je cherche des perles à vendre. Tel veut compagnie pour aller à Paris ; tel s’enquiert d’un serviteur de telle qualité; tel d’un maître : tel demande un ouvrier ; qui ceci, qui cela, chacun selon son besoin. Et semble que ce moyen de nous entr’avertir apporterait non légère commodité au commerce publique : car à tous coups il y a des conditions qui s’entrecherchent, et, pour ne s’entr’entendre, laissent les hommes en extreme necessité.
https://fr.wikisource.org/wiki/Essais/Livre_I/Chapitre_35

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